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Derry – Paris. Plusse qu’un match: une rencontre du 3ème type

Posté par dans Articles le 15 septembre 2006

derry city paris saint germain, le psg revient avec le match nul 0 - 0, mais surtout on assiste à la rencontre entre deux cultures, deux mondes, deux footballs, les parisiens sont des bobos, bourgeois bohemes, tandis que les irlandais sont des braves, des warriors, des hommes des vrais

Ce jeudi, le PSG se rendait en Irlande rencontrer l’équipe de Derry City pour son entrée en coupe de l’UEFA. Ils se sont heurtés à une équipe de braves qui aurait pu l’emporter si la transversale de Landreau n’avait pas sauvé les Parisiens à la 15ème minute. Au final, c’est un 0 – 0 qu’ils nous ramènent, après une performance louable, certes, mais aussi l’expérience d’une confrontation entre deux équipes aux antipodes l’une de l’autre; une rencontre entre deux cultures, entre deux footballs. Entre deux villes que tout sépare.

Déjà lorsque le tirage au sort du 1er tour de la coupe UEFA a été effectué, et que de ces mystérieuses boules magiques (ou autre objet quelconque auquel il est coutume de vouer une fascination sans bornes car déterminant l’avenir de moultes clubs de foot (on aurait pu décider il y a 20 ans d’utiliser des oeufs Kinder™ qu’aujourd’hui on leur vouerait un culte aussi (c’est drôle quand on y pense quand même, de se dire que la normalité actuelle d’une chose anodine a forcément été, à un moment ou un autre de l’histoire de l’humanité, inédite et sujette à la question d’entrer ou non dans les moeurs (imaginons par exemple qu’il y a 2000 ans on eusse trouvé bon de se nourrir de feuilles de ficus, loutre seule sait si aujourd’hui il serait coutumier d’en consommer au petit déjeuner (ou encore, si on avait décidé il y a des dizaines de milliers d’années d’appeler « kiki » plutôt que « feuilles » ce qui pousse au bouts des brindilles des branches des arbres, Prévert aurait écrit « les kikis morts se ramassent à la pelle » (mais encore … heummm bref je m’égare)))))) on a extirpé les noms de Derry et de Paris, conséquente a dû être la masse de gens qui du côté de la capitale s’est dit « wo l’aut’ on va jouer des pégo buveurs de guinness hé ! ». D’autres ont pu se dire également: « merde on sait pas où on va là, c’est quoi cette équipe, sastrouve on va se faire casser les jambes, c’est pas le même football, pas le même monde, là-bas c’est des baytes, des monstres assoifés de chair fraîche qui s’entraînent dans la lande sauvage et hostile, qui retournent la tourbe et mangent des moutons tout crus quand la nuit est tombée ». Force est de constater qu’on ne savait en fait rien de cette équipe. A part qu’elle est complètement différente du PSG. Et au delà du club, c’est même la ville qui est complètement différente de Paris. On s’en serait douté, mais tout de même, la divergence est trop grande pour qu’on ne se penche pas un peu plusse sur ce qu’est Derry et sur ce qu’est Paris.

en irlande on aime les moutons, à paris on en est
En irlande, on élève des moutons. A Paris, on en est.

Paris, la capitale, où nait la mode, où nait l’art, où nait la connaissance, où nait le génie, où nait la grandeur, où nait la raie de mon postérieur. Paris, pseudo centre du monde nombriliste adepte de la masturbation collective greffée à la culture et à la politique; Paris, la ville bourgeoise où règne l’hypocrisie et l’élitisme derrière une fausse compassion, où se dissimule la peur de la banlieue, le xénophobisme du moins aisé; Paris, capitale, comme la peine qu’on nous assène dès notre naissance en nous intégrant ou en nous juxtaposant à cette prison dorée inaccessible, une idée à laquelle n’aspiraient certainement pas nos aïeuls morts au combat au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, ceux-là même dont on a trahi les convictions et auxquels on a dédié tant de monuments sur lesquels se paluchent aujourd’hui, sans rien y comprendre d’autre que la dimension touristique, des benêts venus de toutes parts; Paris, ville élitiste, Paris et son état de produit, seule chose que la ville a su transmettre à son club. Paris, ville trop chère consommable par des privilégiés, et le PSG, club trop cher consommable par tous, malheureusement.
Malheureusement, car Paris s’est dépassionné du PSG, et le PSG, trop Parisien dans l’âme, s’est dépassionné du football. De passionné il ne reste plu que nous, supporters peinés de voir toutes les 2 semaines 11 millionnaires en short se foutre de notre gueule sur le terrain d’un Parc des Princes qui ne leur fait plu rien, dépités de voir notre club glisser vers le jemenfoutisme général, blasés de voir notre maillot sali par tout cet argent que représente un sponsor Fly Emirates, par cette consommation abusive que représente un logo 3275 ou l’arrivée d’un actionnaire Colony Capital prêt à chambouler le Parc au nom du billet vert. Oui, nous autres supporters sommes considérés comme des consommateurs, et le PSG est un produit dont la seule préocuppation est notre porte-monnaie. Le PSG a ancré en lui une mentalité de péteux: à savoir qu’être le PSG lui suffit pour exister. Les supporters lui sont annexes; la passion lui est annexe. Seuls restent l’argent et l’apparât. Les joueurs en sont un exemple flagrant depuis trop longtemps et sur ce point, chaque saison est pire que la précédente.

paris et derry, chacun ses vices, psg derry city etc machin truc
Derry / Paris: chacun son vice caractéristique :coeur:

Ce Paris a donc rencontré Derry. La ville du Bloody Sunday. Cette ville qui malgré un passé douloureux a continué de vivre, un peuple qui malgré son fardeau a su garder son humanité et sa dignité, a su continuer à se battre malgré des plaies encore à vif et a su garder son âme. Le club de Derry est une incarnation de cette âme au nom de laquelle des joueurs et des supporters donnent tout ce qu’ils ont dans leur stade. Un stade en pente qui fait doucement rigoler nos millionnaires en short… « Ah oui, c’est donc ça l’Europe » diront même certains avant le match. Mais le fait est que, stade en pente ou pas, l’âme de Derry, elle, au moins, n’est pas prêt de disparaître et n’est pas prêt de se vendre au foot-business comme a pu le faire le Paris Saint-Germain durant cette dernière décennie; les irlandais l’ont prouvé ce jeudi en donnant tout, en mouillant le maillot, en oubliant contre qui ils jouaient pour simplement évoluer en tant que ce qu’ils sont: des hommes prêts à tout donner au nom de leur peuple, au nom de leur âme, cette âme que nourrissent ensemble joueurs et supporters. « Avec son public, Derry ne méritait pas de perdre ce soir. Nous avons vécu ce match dans une atmosphère fantastique et exceptionnelle ! », dira même Guy Lacombe après la rencontre, estomaqué par cette symbiose exceptionnelle entre terrain et tribunes.
En ce sens, Derry mérite mille fois plusse le respect que ce PSG qui a depuis trop longtemps oublié ce que signifie représenter ses couleurs et son peuple. Absorber toute cette passion et toute cette ferveur qu’on tente de lui transmettre depuis les tribunes pour en faire sa force sur le terrain; ça le PSG ne sait plu le faire. Le PSG a oublié ses supporters. Cayzac peut être un passionné, Alonzo peut avoir la baraka, cela n’y changera rien, car le PSG a oublié son âme et glisse sur la pente savonneuse de la déshumanisation au profit du profit; il se désolidarise de ses supporters pour les considérer un peu plusse chaque année comme des clients potentiels. Les abonnements, les maillots, les sponsors, l’esprit club, le 3275, PSG.fr, Colony Capital, un Pauleta en plastique pour présenter le nouveau maillot, … toujours plusse d’argent en jeu tandis que notre attention est tournée vers cette équipe qui, qu’elle soit de chiasse ou non, offre par notre biais du temps de cerveau disponible à tous ses desseins commerciaux. On dit que le ridicule ne tue pas, c’est vrai: au PSG, le ridicule génère du profit. Et pendant ce temps nous autres supporters ne sommes plu que des pigeons qui laissons faire n’importe quoi. CQFD.

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